Anne-Laure Fortin-Tournès (dir.). Paris : Publibook, 2005.

Résumé :

La plume plus forte que l’épée ! La violence des mots et leur impact n’est plus à démontrer. Mais qu’en est-il du langage littéraire ? Un livre, sitôt qu’il s’empare du lecteur pour imposer à son imagination les visions d’un personnage, ne fait-il pas acte de violence ? La revue Polysèmes rassemble plusieurs textes critiques qui étudient les différentes stratégies d’auteurs anglo-saxons pour induire ou faire apparaître la violence au cœur même du texte. R.C. Saturnin, G. Eliot, H. Melville, S. Crane, H. James, W. Whitman, N. West, S. Heaney : la littérature anglo-saxonne prend le devant de la scène. Passés maîtres dans l’art du non-dit – on se rappelle encore les frustrations délicieuses de la fin du « Tour d’écrou » – ces auteurs sont particulièrement aptes à ramener la violence dans le discours littéraire puisque, plus que toutes les autres, cette notion ne peut être dite. Déplorant la nécessaire domestication du réel par le langage, le discours littéraire tend à assigner la violence à l’irreprésentable et développe d’autres moyens pour l’inscrire dans le texte.

Table des matières :

  • Françoise Fonteneau, « Destins de violence »
  • Sophie Marret, « Henry James’s ‘The Turn of the Screw’ : l’angoisse au temps de l’Autre qui n’existe pas »
  • Neil Hertz, « George Eliot’s remainder-man »
  • Eric Athenot, « Violence orphique et parole poétique dans Leaves of Grass »
  • Marie-Odile Salati, « Le Choc sémantique de la métaphore dans The Red Badge of Courage de Stephen Crane »
  • Catherine Lanone, « ‘Terror has no diary’ : Melmoth ou le récit éviscéré »
  • Florian Treguer, « Absence et attentat : l’écriture de la défiguration dans Mao II de Don Delillo »
  • Andrea Grunert, « Made in Britain (Grande-Bretagne, 1983) : blanc, masculin, violent – un portrait de la Grande-Bretagne des années quatre-vingts »
  • William Dow, « A modernist vernacular : violent figurations in Nathanael West’s Miss Lonelyhearts »
  • Charlotte Coffin, « ‘Destroy your sight with a new Gorgon’ : le mythe au secours de l’horreur »
  • Cornelius Crowley, « Quelques spectres et revenants dans un poème de Seamus Heaney »
  • Jean-Jacques Lecercle, « Il y a événement et événement »