27 March, 2020
INHA, INHA, 58 Rue de Richelieu, 75002 Paris, France Rejoignez-nous

Explorer la carte


Rejoignez nous:


Colloque international 

INHA, PARIS 

27-28 MARS 2020 

(date limite pour les propositions repoussée au 15 septembre 2019)

Comité d’organisation : 

Vanessa Alayrac-Fielding (université de Lille)

Laurence Chamlou (université de Reims)

Isabelle Gadoin (CNRS, « Thalim » / université de Poitiers)

 

Chercheur invité : 

Stacey Pierson (London, SOAS)

 

Comité scientifique : 

Karen Brown (University of St Andrews, Scotland)

Sarga Moussa (Thalim – université Paris Sorbonne Nouvelle)

Nabila Oulebsir (université de Poitiers)

Mildred Galland-Szymkowiak (CNRS, équipe Thalim, UMR 7172)

Evanghelia Stead (université Versailles-St Quentin)

Yusuke Suzumura (Hosei university, Japon)

Alexis Tadié (université Paris Sorbonne)

Makiko Yamanashi (university of Trier, Germany)

L’âge d’or de l’Orientalisme, du dix-huitième au début du vingtième siècle, voit un certain nombre de motifs décoratifs orientaux s’infiltrer dans la culture européenne. Les nombreuses « Grammaires de l’ornement » produites à la suite de l’encyclopédie pionnière d’Owen Jones (1856) privilégient largement les motifs abstraits typiques de l’art islamique, purement géométriques ou d’un naturalisme stylisé ; pourtant, les motifs figuratifs, et notamment animaliers (eux aussi présents jusque dans l’art islamique), saisissent eux aussi l’imaginaire collectif et donnent lieu à de multiples appropriations, réinterprétations et variations – parfois même au mépris de leur histoire. Ainsi, symbolistes et esthètes s’emparent de la figure du paon pour en faire le symbole par excellence du Japonisme, en ignorant sa présence en Chine, en Inde, en Perse ; les sinuosités de l’Art Nouveau se délectent des courbes du dragon, dans l’oubli de ses origines chinoises ; les lions ailés du passé pré-islamique moyen-oriental sont redécouverts à travers les récits de fouilles en Mésopotamie et recréés pour le grand public dans les décors d’expositions nationales ou internationales ; et bien d’autres exemples du bestiaire fantastique oriental pourront être convoqués : phénix, simurgh, griffons, lamassus et autres créatures fabuleuses.

Il ne s’agira pas d’établir un historique de ces motifs ou de suivre le chemin des errances qui les amenèrent en Occident, mais de plonger au cœur de la logique de la réception de l’Orient par l’Occident du dix-huitième siècle au début du vingtième siècle, en analysant la manière dont les motifs figuratifs orientaux devinrent à la fois creusets et agents de transferts esthétiques et culturels, et en étudiant les discours tenus sur ces motifs.

On cherchera ainsi à saisir les modalités de leur appropriation par les cultures européennes, les mécanismes de leur redéfinition ou réinterprétation, et les étapes de leur copie, de leur stylisation ou de leurs déclinaisons nouvelles dans l’art occidental – sans oublier de s’interroger sur les « contresens fertiles » de certaines de ces réappropriations.

On interrogera la plasticité formelle et culturelle particulière à ces motifs (peut-être liée à l’hybridité fondatrice de certains d’entre eux, tels que le lion ailé, mi-félin mi-oiseau, ou le dragon, mi-reptile mi-rapace ?), leur permettant d’être investis de significations changeantes, mais aussi de faire l’objet de nombreux transferts intermédiaux, entre arts du livre, céramiques, textiles, décors architecturaux, etc.

Plus largement, on suivra les tensions culturelles induites, lorsqu’un symbole chargé de signification (que celle-ci soit religieuse, spirituelle, dynastique ou politique) devient simple élément décoratif : sa redéfinition comme ornement est-elle simple perte de sens, ou réinvestissement nouveau ? Et serait-ce le destin d’un motif décoratif que de se voir ainsi constamment redessiné et resémantisé, y compris d’une culture à l’autre ?

Pistes possibles :

  • Le motif figuratif oriental et ses réinventions dans l’ornement occidental : appropriation, transformation, déformation, resémantisation
  • Les acteurs de ces appropriations/transformations : artistes, ateliers, manufactures…
  • Définition de la notion même de motif ; dialogues et tensions entre motif figuré et motif abstrait dans l’ornement
  • Choix et interprétation des motifs figuratifs dans les recueils d’ornement
  • Exemples « appliqués » d’importations transculturelles – créations céramiques de William de Morgan, par ex ; ou Whistler, les esthètes anglais, et l’invention du motif « japonisant » du paon
  • L’ornement comme « zone de contact » entre cultures : y a–t-il des « traductions » possibles de motifs décoratifs, ou des traductions des cultures à traversleurs motifs ornementaux ?
  • Le motif islamique/indien/chinois/japonais etc. en Occident : fascination, incompréhension, rejet, recréation
  • Inspiration, copie, plagiat, etc : les mécanismes du « pillage » esthétique de l’Orient par l’Occident
  • Transferts et contre-sens culturels dans la « philosophie » de l’ornement en Occident

Domaines concernés :

Le but du colloque est de faire dialoguer les disciplines entre elles : histoireculturelle, histoire de l’esthétique, iconographie, études « globales » (du design, notamment), critique post-coloniale, études intermédiales, histoire de l’art, épistémologie, muséologie, histoire des collections, ethno- et anthropologie

Références indicatives : 

Adamson, Glenn, Giorgio Riello & Sarah Teasley (eds.), Global Design History, London: Routledge, 2011.

Buci-Glucksman, Christine. Philosophie de l’ornement: d’Orient en Occident, Paris, Galilée, 2008.

Delacampagne, Ariane et Christian. Animaux fabuleux. Un bestiaire fantastique dans l’art. Citadelles-Mazenot, 2003. English Translation: Here be Dragons. A Fantastic Bestiary, Princeton UP, 2003.

Espagne, Michel. « La notion de transfert culturel », Revue Sciences/Lettres 2013 : 1, http://journals.openedition.org/rsl/219

Gerritsen, Anne & Giorgio Riello. Writing Material Culture History. London: Bloosmbury, 2015.

Grabar, Oleg. The Mediation of Ornement. Washington: National Gallery of Art, 1992. Trad. L’ornement, formes et fonctions dans l’art islamique, Paris : Flammarion, 1996.

Grabar, Oleg. Penser l’art islamique : une esthétique de l’ornement. Paris : Albin Michel, 1996.

Labrusse, Rémi, Evelyne Possémé et Sophie Makariou. Purs décors, arts de l’islam, regards du XIXème siècle. Paris : Musée des arts décoratifs et musée du Louvre, 2007.

Labrusse, Rémi & Salima Hellal. Islamophilies. L’Europe moderne et les arts de l’Islam – Le génie de l’Orient. Somogy / Musée des beaux Arts de Lyon, Paris : 2011.

Merrill, Linda. The Peacock Room: A Cultural Biography. Yale UP, 1998.

Necipoğlu, Gülru & Alina Payne. Histories of Ornament. From Global to Local. Princeton UP, 2016.

Rawson, Jessica. Chinese Ornament: The Lotus and the Dragon. New York: Holmes & Meier Publishers, 1984.

Sloboda, Stacey. Chinoiserie: Commerce and Critical Ornament in eighteenth-century Britain. Manchester and New York: Manchester UP, 2014.

Wittkower, Rudolf. The Impact of Non-European Civilization on the Art of the West. Cambridge UP, 1989.

Les propositions de communications (résumé de 300 à 500 mots et brève présentation biographique, en anglais ou en français) sont à envoyer avant le 15 septembre 2019 à :

Vanessa Alayrac-Fielding, <valayrac@hotmail.com>

Laurence Chamlou, <laurence.chamlou@gmail.com>

Isabelle Gadoin, <isabelle.gadoin@univ-poitiers.fr>

Réponse du comité scientifique le 15 octobre 2019.